« La fatigue nous rapproche
des pierres qu’on a retournées
il y a si longtemps
avant un effondrement. »
Le livre part de deux prénoms — deux personnes — amis lointains, perdus de vue peut-être, puis disparus — partis trop tôt comme
on dit. Alors, pendant qu’il travaille autour de son village, ou dans
les moments creux à l’atelier, Yves Berger note les mots qui lui
viennent, dans son petit carnet qui tient dans la poche arrière du
pantalon. Phrases éparses, recueillies plutôt que voulues, qui disent
les rencontres du jour entre le dedans et le dehors, les pousses de
première herbe, ces fruits qu’il faudra bientôt ramasser, et les
pensées aux deux « sortis du monde », qui sous terre ne craignent plus
la pluie.
Quatre saisons passées, le carnet rempli peut quitter la
poche pour un coin de table ; ses morceaux s’assemblent pour former un
chant à mi-voix, ponctué de quelques cris retenus, et accompagné par
une série de dessins.
(A. L.)
Yves Berger, né en 1976 en Haute-Savoie, vit à Mieussy.
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Revue de presse
CULTURACTIF 09/09
«Mes deux béquilles», par Françoise Delorme
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