Edition limitée à 20 exemplaires imprimés par l'artiste, numérotés et signés
Lorsqu’il grave, comme quand il peint, Alexandre Loye ne va pas par
quatre chemins. Un seul lui suffit. La figure chez lui est nette,
tranchée. Pas de fioritures, ni de gesticulations. C’est au regard
qu’il réserve le luxe du détour. Le mental et ses soubresauts, il s’en
méfie.
Et pourtant Loye est un rassembleur: de textes («L’araignée
jaune» avec Yves Berger; un «Platonov» en préparation), et d’artistes,
à travers une revue («La table des négociations» dont il est l’un des
piliers). Et maintenant cette suite de 9 gravures, où quelques bâtisses
trapues parsemées d’étroites fenêtres sont grignotées ça et là par
l’ombre gigantesque de promeneurs solitaires. On devine parfois à ces
inquiétantes demeures des bouches ou des yeux improbables, projections
qu’inspire la présence de ces badauds, nocturnes et invisibles,
somnambules menaçants qui nous entraînent sur des routes désertes,
d’une maison-visage à l’autre.






